Innover grâce aux serious game

Depuis quelques années, l’émergence d’une nouvelle forme de pédagogie, profondément liée à l’intrusion du numérique dans nos quotidiens, entend bien secouer les méthodes d’apprentissage traditionnelles. Les serious game — ou jeux sérieux — sont des jeux dont la finalité première est autre que le simple divertissement. L’émergence de ce secteur ne prétend pas se substituer mais compléter ou, du moins, se faire une place, dans l’arsenal éducatif existant. Point d’étape avec Imed Boughzala, chercheur en management à Institut Mines-Télécom Business School.

Le jeu vidéo a le vent en poupe. Selon le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), ce marché est évalué, en 2018, à près de 5 milliards d’euros et est en hausse constante : on joue de plus en plus, on y consomme de plus en plus. A titre de comparaison, l’industrie du jeu vidéo fait plus fort, désormais, que le marché du livre. Une opportunité, donc, de s’appuyer sur cette culture vidéoludique pour sortir des canaux traditionnels de l’apprentissage.

Découvrir l’histoire de l’Égypte Antique grâce à Assassin’s Creed, utiliser la popularité d’un jeu comme Fortnite pour sensibiliser aux changements climatiques ou encore développer ses compétences en stratégie avec Civilization ou Warcraft. Si certains enseignements, en France, commencent à se prendre au jeu, la recherche sur ce sujet est encore timide. De la difficulté, notamment, à évaluer l’efficacité de ces nouveaux espaces d’apprentissage informels. Imed Boughzala s’est lancé dans l’aventure il y a près de 10 ans :