Evolutions pédagogiques pendant la crise du Covid 19, retour d’expérience au sein de la business school du numérique

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evolution pedagogique crise covid

Depuis le premier jour du confinement le 17 mars 2020, la crise semble n’avoir épargné personne. Comme nous n’avons pas le choix que d’en supporter toutes les implications, au niveau individuel comme organisationnel, cette période de post-rentrée est l’occasion de faire, à la manière d’une équipe cycliste du Tour de France, “un check-up d’étape”. L’objectif : prendre un peu de recul sur la transition dont nous sommes tous témoins… mais aussi acteurs.


Dans ce court article, je vous présente des enseignements concrets de situations vécues par quelques enseignants-chercheurs de notre école. Sans doute ces quelques expériences, non exhaustives, résonneront-elles dans l’esprit de nos confrères et consœurs de classe préparatoire!


Je retiens 4 enseignements de cette période, plus un…

1- Le besoin continu de formation des enseignants


Une vision un peu étroite me paraît avoir toujours trop sa place dans nos métiers : c’est de considérer que les professeurs sont là pour enseigner. En réalité ils ont, encore plus que d’autres, énormément besoin d’apprendre. En école de management nous enseignons à nos étudiants que la formation tout au long de la vie est une nécessité impérieuse pour rester compétitif sur le marché du travail, et pourtant cette crise nous a pris de court :

  • besoin de formation à un usage intensif des ressources disponibles (augmentation de l’usage de 500% de certaines ressources de la médiathèque)
  • besoin de formation à de nouveaux modes de fonctionnement collaboratifs et d’apprentissage en distanciel
  • besoin de services informatiques (serveurs, équipement individuel, connexions VPN) stables et performants


Cette crise nous permet de faire un état des lieux de ce qui, à l’échelle de quelques professeurs pouvait très bien se satisfaire d’un mode de fonctionnement “artisanal”, mais a besoin de davantage de structuration lorsque l’ensemble du corps professoral est concerné.

2- L’inégale maîtrise des outils numérique au sein du corps professoral

Les retours d’expérience de nos enseignants-chercheurs sont sans équivoque : s’ils exercent tous dans le même cadre organisationnel, leur appropriation des outils numérique reste hétérogène. Que ce soit pour des raisons d’affinité technologique (ou “intelligence digitale” diront certains), de parcours professionnels ante IMT-BS, de choix de priorisation dans leur carrière, ou de missions et donc emploi du temps différents au sein de l’école, l’inégale maîtrise des outils numérique est un fait que nous devons encore mieux prendre en compte.


A ce titre l
e passage instantané en distanciel de 100% des cours et des examens, qui a nécessité une transformation de la majorité des supports, a été un challenge collectif mais également individuel qu’il faut saluer.


3- La possibilité de basculer online même de très grands événements pédagogiques

Avant cette crise, le mix présentiel-distanciel était déjà parfaitement intégré dans la plupart des écoles de management. Les écoles franciliennes avaient également été incitées à accentuer leur transition vers le modèle de blended learning “grâce” aux grèves des transports de l’hiver 2019 ! A IMT-BS nous n’avions cependant jamais organisé de grand événement online.

C’est ce que les équipes ont su réaliser lors du Challenge Projet d’Entreprendre organisé par IMT-BS et ses deux écoles d’ingénieurs partenaires ENSIEE et Télécom SudParis et lors de l’édition 2020 de l’Innovation Game. Le premier rassemblait sur une semaine complète 525 étudiants de 3 établissements, le second, réservé aux étudiants de L1 et L3 d’IMT-BS, près de 320 étudiants.

Les nombreux ateliers et travaux en équipes qui structurent le déroulé “normal” (en présentiel), de ces deux événements, avaient jusqu’à présent rendu inconcevable la possibilité de les organiser 100% en ligne.

Le challenge du basculement à 100% en distanciel a été parfaitement relevé par les équipes en charge de l’organisation de ces deux événements. Dans nos pratiques et notre représentation des services de formation que nous rendons à nos étudiants, une barrière a sûrement été levée.


4- L’importance de l’équipe de support pédagogique

Vu de l’extérieur de l’établissement ce sont des travailleurs et travailleuses de l’ombre, pourtant ils sont absolument essentiels à la fluidité pédagogique des programmes dans lesquels sont engagés nos étudiants : ce sont les ingénieurs pédagogiques. Le basculement vers le tout distanciel a nécessité de leur part un accompagnement soutenu des enseignants, particulièrement pendant le confinement. Les enseignants qui avaient jusque-là limité leur maîtrise des outils numériques au strict minimum n’ont pas eu d’autre choix que d’opérer des changements majeurs dans leurs pratiques pédagogiques, en sollicitant nos experts maison sur le Learning Management System et sur tous les outils déjà en cours d’adoption avant la crise : solutions de visio, Microsoft Teams, etc.

Les “REX” (retours d’expériences) que nous organisons très régulièrement dans la vie de l’école sont pour nous un complément précieux de formation et de réflexion pour le futur. La période a été extrêmement intense en innovations issues de la pratique. Nous allons désormais départager toutes ces idées et en accompagner un certain nombre dans leur diffusion à l’ensemble du corps professoral. Là encore les ingénieurs pédagogiques auront un rôle crucial.

La reconnaissance des étudiants

Enfin, je souhaite partager un dernier enseignement de cette période. La majorité des étudiants ont eu pleinement conscience que, pour les enseignants de l’école, le basculement soudain en tout distanciel dans un contexte de confinement a été consommateur d’énormément d’énergie (télétravail avec enfants à la maison) et de temps.

Leurs retours sur l’engagement de leurs professeurs, qu’ils ont parfois (re)découverts via la visioconférence dans des cadres moins formels et plus authentiques, ont souvent été extrêmement positifs malgré les difficultés qu’eux-mêmes pouvaient rencontrer dans leurs propres situations de confinement. Cette reconnaissance est pour mes collègues et moi-même une vraie source de motivation, et le rappel que nous exerçons un métier formidable.

Entraide, responsabilisation, écoute et respect des autres, numérique… et si c’était cela les ingrédients d’une culture d’école qui forme les managers épanouis et responsables de demain ?