Des corps dans le viseur

Comment les drones influencent-ils les corps qu’ils surveillent ? Dans la foulée de Phoenix, sa création en duplex depuis Gaza, le chorégraphe Éric Minh Cuong Castaing discute avec le philosophe
Armen Khatchatourov
des nouveaux régimes disciplinaires et des enjeux soulevés par « l’œil devenu arme».Propos recueillis par Aïnhoa Jean-Calmettes & Léa Poiré
Photographies : Lucien Krampf, pour
Mouvement

La guerre, dit-on, serait devenue un Call of Duty à échelle mondiale. Les drones ont transcendé les frontières des conflits : le corps-à-corps s’est mué en chasse à l’homme à distance, les assassinats peuvent avoir lieu partout, à n’importe quel moment. C’est sur ce terrain que s’est engagé le chorégraphe-geek Éric Minh Cuong Castaing. Avec Phoenix, il détourne notre regard sur l’arme-espion, comme sur les corps menacés. Armen Khatchatourov, de son côté, se penche sur l’épineuse question de la responsabilité en milieu numérique. Dans une conversation croisée, ils explorent les questions posées par cette création dont le drone est le héros.