Article de Fabrice Flipo

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Fabrice FLIPO, philosophe enseignant-chercheur à Institut Mines-Télécom Business School, maître de conférences à l’Institut Mines Télécom, chercheur au LCSP (Université Paris 7 Diderot), a publiéé un article intitulé “La pensée écologique a-t-elle changé nos rapports à la science?” dans Pour mémoire, Un demi siècle d’environnement et de développement durable entre science, politique et prospective, un hors-série en l’honneur de Jacques Theys.

 

Les origines de la pensée écologique

abrice-Flipo_institut Mines Telecom Business schoo

De récents travaux d’historiens montrent que la pensée écologique existe depuis 200 ans déjà. Elle est née en même temps que la notion de développement avec la critique de l’industrialisation. L’écologisme en tant que tel, est lui apparu dans les années 1960 en tant que mouvement politique.

Dans les années 90, le monde occidental en plein essort scientifique et technologique (permis par l’industrialisation), et celui-ci suscite l’enthousiasme et est associé à la notion de progrès. Les occidentaux ne voient pas de problème dans le fait d’adapter son milieu à ses besoins comme ils l’ont toujours fait. Dans ce contexte, l’écologisme apparait comme antimoderne et obscurantiste et se retrouve confronté à la critique. Cependant la critique du progrès et de la technologie existe partout et dans d’autres parties du monde la façon de penser occidentale ne fait pas l’unanimité.

 

Caractéristiques et évolutions majeures

La mondialisation a accéléré le développement de la science et de la technique ainsi que l’industrialisation de nos modes de vie comme l’illustre Fabrice Flipo : “ le meuble Louis-Philippe est devenu le meuble Ikea. […] En parallèle, le souci écologique a connu une montée progressive. On ne soutiendrait plus comme William Nordhaus en 1973 que l’énergie n’est pas un problème”. Si l’écologisme est maintenant au coeur des débats, “l’énergie et les ressources intéressent toujours beaucoup plus que le climat, lui-même mis en avant au détriment de la biodiversité”. Le contexte de crise économique et la volonté de “relancer la croissance, la production et la consommation” éclipsent le soucis écologique. “L’austérité incite à acheter moins les produits les moins cher, c’est-à-dire les plus industrialisés. Dans ce contexte, le discours de l’ADEME et du ministère sur le tri des déchets semble en décalage avec la réalité vécue.” 

 

Bilan

Selon Fabrice Flipo, l’écologisme devrait se pencher sur des transformations d’ordre social, privilégier la science et la technologie utiles et aiguiller la recherche. Celle ci est “trop exclusivement orientées par l’État et les grandes entreprises”.